grosmince2


L’analyse généralement proposée du phénomène s’illustre par sa lumineuse simplicité: si nous grossissons, c’est que nous mangeons trop gras et que nous manquons d’activité physique.

Un diagnostic d’une telle évidence ne peut qu’appeler un traitement d’une aussi grande évidence ==>pour maigrir, ou ne pas grossir, il suffira de manger moins gras et de s’activer davantage. C’est, à l’heure actuelle, l’antienne de toutes les politiques de santé publique dans le monde.

Toutefois, rien n’y fait. Et, malgré la bonne volonté dont font déjà preuve certains pays, manger moins gras n’empêche pas les populations de grossir. Bien au contraire.

C’est peut-être que les choses sont moins simples qu’elles ne paraissent. Comme la plupart des variables biologiques définissant le milieu intérieur (la glycémie, la température, la pression artérielle, le pH…), la masse grasse est régulée par l’organisme de façon à se maintenir relativement constante.

Plusieurs facteurs entrent en jeu , en voici qq'un:

21Les pièges de l’hypercontrôle et de la déshinibition
Notre intention est de montrer que la dégradation de la relation avec la nourriture et le corps empêche la régulation de s’effectuer, favorise l’apparition des comportements compulsifs et augmente l’amplitude des réponses alimentaires aux émotions.
La restriction cognitive se caractérise par la présence de deux états qui couramment alternent dans le temps. Le premier est un état d’hypercontrôle, au cours duquel le sujet inhibe ses sensations alimentaires et contrôle son comportement alimentaire. Le second est un état de perte de contrôle ou de désinhibition des sensations alimentaires, qui peut prendre la forme de grignotages, de compulsions ou de crises boulimiques.

21 Les règles que l’on s’impose
L’état d’inhibition sans perte de contrôle évolue en deux temps. Le premier est caractérisé par la prédominance de cognitions imposant la manière de manger pour maigrir ou ne pas grossir: s’astreindre à trois repas par jour, ne pas manger entre les repas, manger copieusement le matin et légèrement le soir, réduire les quantités de certains aliments jugés “grossissants” et augmenter les quantités d’autres aliments jugés “non grossissants”. Ces règles ne respectent pas les sensations alimentaires et peuvent parfois conduire le sujet à manger sans faim (pour ne pas sauter un repas) pour s’empêcher de manger plus tard quand il aura faim (puisque l’on ne mange pas entre les repas). À ce stade, le sujet perçoit ses sensations alimentaires mais décide de ne pas en tenir compte. À ce jour, aucune de ces allégations n’a pu démontrer son efficacité sur la perte de poids. Il est, par exemple, parfaitement possible de maigrir en prenant deux, quatre, cinq ou six prises alimentaires, en ne prenant pas de petits déjeuners et en mangeant copieusement le soir ou en consommant une alimentation riche en graisse comprenant très peu de légumes. Le seul fait établi est la nécessité d’une diminution des calories, de quelque nature qu’elles soient.

21 Ces émotions qui nous envahissent
Le second temps de l’état d’inhibition est caractérisé par la prédominance des émotions. Les règles que s’impose le sujet ont donné naissance à de nombreuses émotions négatives qui prennent le dessus sur les sensations alimentaires et viennent les brouiller: la peur d’avoir faim, la peur de manquer, la frustration, la culpabilité...
La personne qui, par exemple, s’interdit de manger entre les repas craint la faim et surconsomme au cours des repas pour s’assurer que sa faim ne réapparaîtra pas prématurément. La personne qui limite sa consommation de gâteaux finit presque toujours par trop en manger quand elle se les autorise. Comme s’il lui fallait rattraper son retard et les manger comme si c’était la dernière fois. Parfois, les sensations disparaissent totalement. Le sujet ne les ressent plus, il doit alors les remplacer par des pensées ou des sensations imaginées. Ainsi, il ne ressent plus la faim, mais pense devoir manger. De la même manière, il ne ressent pas le rassasiement, mais pense avoir assez mangé.

21 Les troubles du réconfort
La peur de la faim, le manque, la frustration... entraînent couramment des surconsommations et prennent le dessus sur les processus physiologiques de la régulation. Manger devient finalement une activité stressante qui empêche les aliments d’exercer leur fonction réconfortante. Ce phénomène est désigné sous les termes “trouble du réconfort”. Quand il mange, le mangeur restreint produit des émotions négatives qui l’empêchent de s’arrêter et déterminent ainsi le cycle de la restriction cognitive.

21 Le cycle du corps gros
L’insatisfaction corporelle et le désir de minceur qui s’emparent de la population occidentale conduisent la plupart des mangeurs à ne pas supporter leur propre corps et, par conséquent, bien souvent à engager ou à renforcer leurs efforts d’amaigrissement. La vision de ce corps qui les insupporte, d’une part, produira des émotions négatives, qui, comme nous l’avons vu, trouveront leur issue dans la nourriture. Si elles ne sont pas compensées, ces prises alimentaires pourront naturellement entraîner une prise de poids. D’autre part, elle aboutira à un renforcement de la restriction cognitive dès lors que le sujet s’essaiera à vouloir maigrir. C’est ainsi que l’infortuné mangeur se trouvera pris à un double piège: plus je grossis, plus je mange. Et plus je mange, plus je grossis, et moins je suis capable de m’arrêter de manger. C’est le cycle du corps gros.

21Le cycle des réponses alimentaires aux émotions
Certaines personnes parviennent à se contrôler, avec ou sans prise de poids, durant de longues périodes. Mais la plupart alternent les périodes de contrôle avec des périodes de pertes de contrôle. Les facteurs déclenchants sont divers. Il peut s’agir de modifications de l’état physiologique du sujet (prises d’alcool, fatigue, maladies, carences énergétiques liées à des régimes trop privatifs) ou, comme nous l’avons vu, d’émotions produites par des pensées négatives sur soi-même, les autres ou les conditions de vie survenant dans ce cas avant la prise alimentaire. Ou encore d’émotions provoquées par la restriction cognitive (je mange trop ou je mange mal) survenant lors de la prise alimentaire.
Dans tous les cas, l’incapacité à se contrôler viendra elle-même nourrir les pensées négatives sur soi-même et favoriser la production d’émotions négatives, qui constitueront autant de portes d’entrée dans le cycle du corps gros et dans le cycle de la restriction cognitive. Et ainsi refermer le dernier cycle, celui de la réponse alimentaire aux émotions.
Maigrir durablement en retirant quelques matières grasses et en s’activant davantage est sans doute une solution séduisante par sa simplicité. Elle est malheureusement fausse et peu compatible avec des problèmes d’une telle complexité. Ce que confirment d’ailleurs les résultats, qui montrent un taux d’échec de cette solution proche de 90 % ! Ce qui serait sans grande conséquence si le taux d’aggravation du problème (augmentation du poids, des troubles du comportement alimentaire et détresse psychologique) n’était pas du même ordre.



Citation:
Les trois cycles des défaillances de la régulation
143>>> Cycle de la restriction cognitive
Je mange un gâteau, je sais que je ne devrais pas le faire (culpabilité), mais cela fait un mois que je me prive (frustration). Et puis, comme demain je reprendrai mon régime, autant en profiter aujourd’hui (anticipation du manque). Mais plus je mange, plus je me sens coupable (émotions négatives). Plus je me sens coupable, plus je me répète que c’est la dernière fois, et qu’il vaut mieux en profiter (peur de manquer). Et donc, plus je mange...

143>>> Cycle du corps gros
Je suis trop grosse. C’est insupportable (image dégradée du corps gros). Cela m’angoisse (émotions négatives). Je vais me mettre au régime (efforts d’amaigrissement). En attendant, je mange du chocolat pour me réconforter (prises alimentaires). C’est stupide, mais autant en profiter si cela doit être la dernière fois (peur de manquer: cycle de la restriction cognitive). Mais, puisque je mange, je grossis encore plus. C’est encore plus insupportable. Cela m’angoisse encore plus (émotions négatives: peur de grossir). Je mange pour me réconforter...

143>>> Cycle des réponses alimentaires aux émotions
Mon travail n’avance pas, mes collègues vont se rendre compte que je ne suis pas à la hauteur (pensées négatives sur soi-même). Je suis angoissée (émotions négatives). Je mange du chocolat pour me réconforter (réponse alimentaire aux émotions). Je jure que c’est la dernière fois, autant en profiter (peur de manquer: cycle de la restriction cognitive). Je suis incapable de me contrôler, je n’ai aucune volonté. Je suis vraiment nulle (pensées négatives sur soi-même). Je vais manger pour me consoler (cycle des réponses alimentaires aux émotions)... Et en plus, je deviens énorme (cycle du corps gros).

Comme quoi maigrir, mais surtout rester mince n'est pas simple, nous sommes en amaigrissement mais c'est dès à présent qu'il faut réfléchir à notre façon de manger, écouter son corps, reconnaitre ses besoin (etre rassasiée, sensation de faim...)
Essayer de comprendre pourquoi à ce moment de la journée j'ai envie de grignoter, pourquoi cet état de fatigue me me fragilise, comment faire pour trouver un subsitut "réconfort" à la nourriture?

c'est toutes ces questions qu'il faut étudier pour construire sa vie de future mince, car même si Dukan est un régime qui fait certes maigrir, et que son programme de phase III et IV stabilise la poids, il est important de changer ses habitudes de vie et de se questionner du pourquoi on en est arrivé à prendre du poids parfois faramineusement!

Vous pourrez trouver l'intégralité de cet article et bien d'autres questionnements sur ce site:

http://www.gros.org